UNE ANALYSE DU STANDARD

Du Journal THE NATIONAL DOG, Éditeur Frances Sefton , Australie

F. Sefton


COMME LA PLUPART DES STANDARDS de RACE, celui du Lhassa Apso contient beaucoup d'expressions qui ne sont pas très explicites, et cela est une porte ouverte à des interprétations  différentes...

Quand cette interprétation  est faite par es éleveurs  d'Apso et/ou exposants, elle est presque toujours basée  sur leurs propres chiens, quelques fois ils ont appris avec  d’autres,  peut-être les premiers éleveurs, ou peut être avec ceux qui ont appris dans les livres.


Quand l’interprétation est faite par un juge, elle peut être varié selon si, le juge est un spécialiste (alors le paragraphe précèdent est probablement appliqué) ou un juge toute race dont l’interprétation sera basée probablement sur  sa connaissance du standard de la race, ou ce qu’il aura appris avec les éleveurs et les exposants avec lesquels il aura discuté et/ou avec ce qu’il aura appris avec les livres sur le standard.

Ajouter à tout ceci  les légères  variantes  d’interprétation  du standard appliquées dans les différentiels pays du monde. Vous obtenez  ainsi, une interprétation  supplémentaire qui vous éloigne encore du Lhassa Apso idéal.

Donc les standards doivent êtres  seulement  regardés comme un  guide. Les limites de précision des mots utilisés, particulièrement quand ces mots ne sont pas assez clairs pour savoir ce que l’on voulait dire, alors les limites su texte  deviennent  évidentes. Prenez le mot ”moyen”, un mot très commun dans les standards de race. ”Moyen” quoi ??  Taille moyenne, longueur moyenne, hauteur moyenne, stop moyen,  peuvent tous avoir un sens différent selon la personne.

L’élevage de chiens n’a jamais été une science et ne le sera jamais comme l’est l’élevage  du bétail. Quand vous élevez  des vaches pour la viande ou du lait, vous ciblez un seul point. Quand il s’agit de chiens, vous avez affaire à un tout très complexe. Les tentatives pour élever des chiens (d’après les livres) ou bien en appliquant des  principes scientifiques échouent fréquemment.

Élever des chiens c’est principalement un art, la science peut fournir seulement un aide mais pas toutes les réponses.

UN REGARD SUR LE FOND HISTORIQUE DE LA RACE EST LE PREMIER PAS

Un regard sur le fond historique de la race est le premier pas, l’environnement dans lequel la race s’est développée est la meilleure  clé pour comprendre  son type. Il y a toujours des raisons pour lesquelles certaines  caractéristiques  ont été fixées dans une race et qui font qu’elle est unique par rapport aux autres.

Chez le Lhassa Apso le facteur le plus important est l’environnement,   son pays d’origine qui doit être considéré en premier. Le Lhassa Apso vient d’une région, le Tibet, lieu de haute altitude et de climat extrême. La plupart de son développement  s’est fait naturellement sans l’assistance de l’homme.

Ce n’est pas une race comme les terriers anglais que l’on a élevé pour certaines caractéristiques.

Le Lhassa Apso est le résultat d’une survie (adaptation).  Le caractère de la tête, par exemple, bien que montrant quelques signes de brachycéphale,  tête courte comparativement t à une tête de longueur normale, n’a pas la proportion si exagérée de vrai brachycéphale, Pékinois, Shi Ztu, King Charles, Griffon. Une telle tête avec la proportion anormale du nez n’aurait jamais pu survivre dans les hautes altitudes des régions Tibétaines. La nature a la sagesse de s’adapter  à chaque génération dans le but de préserver l’espèce.

Donc, il est possible de compléter le standard, d’y ajouter nos connaissances de l’environnement original de la race pour mieux comprendre les différentes caractéristiques propres qui font le type du Lhassa Apso. Le type de la race est en gros ce qu’en dit le standard, il ne s’agit pas  de la solidité en tant que tel mais seulement dans la mesure où il est capable de survivre, de s’alimenter, de se déplacer et de procréer.

Tout ce que mentionne le standard s’est la préservation des caractéristiques  de la race, sans elles il n’y aurait plus de race.







Ce texte de Mme Sefton est presque aussi important que le standard lui-même. Sa lecture apporte un éclairage nouveau au standard. Les caractéristiques aux quelles il fait si souvent référence figuraient déjà dans le premier standard de 1935:

" La connaissance des caractéristiques de la race est prépondérante  dans le jugement de ces chiens. "



Ce premier standard a été établi le 9 avril 1935 après de longues discussions, au domicile de Lady Freda Valentine , Picadilly street - Londres, en présence du Colonel et de Mrs Bailey, ainsi qu'avec de nombreux connaisseurs de la race. Cet exemplaire m'a été remis par Lady Freda Valentine.

Malheureusement le petit paragraphe qui venait en exergue de cette première version a été supprimé par la suite, ceci est fort dommage pour la race puisque n’ayant plus de mise en garde, c’est la porte ouverte à diverses interprétations, ce qui n’a pas manqué d’être le cas au cours des décennies d’élevage.

Mme Sefton insiste particulièrement sur les caractéristiques de la race façonnées par son environnement et non par la main de l’homme. Ceci montre que la race est rustique, ce qui est loin d’être l’image qu’elle donne de nos jours dans les expositions.

Le toilettage, me direz-vous, y est pour beaucoup. Mais cela n’est pas tout.

Cette soi-disant mise en beauté a modifié le type du chien. Pour que son image soit plus flatteuse à l’œil, on recherche plus d’encolure, des queues plus empanachées et spectaculaires. En fait quelques touches par ci, quelques touches par là ; comme le peintre qui termine son œuvre, ont fini par dénaturer le chien, et n’ayons pas peur des mots, de le dégénérer dans le sens éthymologique du terme.

Il y a quarante ans, lorsque j’ai connu les Lhassas, la découverte de ce chien a été pour moi fascinante, comme je crois qu’elle l’a été aussi pour beaucoup d’autres. A ce moment là, je ne connaissais rien à la race et j’écoutais avec beaucoup d’attention, tout ce qui se disait autour de moi dans le cercle des éleveurs et des amateurs. Je remarquais que le leitmotiv revenant constamment sur le tapis était les dents  et la fourrure. La fourrure et les dents comme si le chien en fait n’était qu’un paquet de poils doté d’une mâchoire. Rares étaient ceux qui savaient vous faire apprécier la jolie forme en amande de l’œil ; la poitrine en ogive sur le devant plus large vers le milieu et très étendue sur l’arrière; la queue roulée le plus serrée  possible avec le petit crochet au bout et placée bien perpendiculaire à la colonne vertébrale; l’implantation particulière des poils tout autour de la gorge donnant au chien sa barbe typique, plus accentuées chez les mâles que chez les femelles ; l’expression distante et profonde de leur regard si différent du regard tendre et ingénu de beaucoup de Lhassas d’aujourd’hui.

Or tout ceci fait partie des caractéristiques de la race et bien d’autres encore peuvent s’y ajouter concernant la morphologie, la démarche, le comportement, la taille etc… etc….

Il est évident que si durant des années les points les plus marquants de la race ont été particulièrement orientés sur les dents et la fourrure, alors il n’y a rien d’étonnant à ce que beaucoup d'autres caractéristiques aient été perdues en route.

D'autre part, transformer un chien rustique en show-dog, c’est peut-être un exploit, mais c’est une aberration par rapport à une race donnée, qu’est-ce qu’un show-dog ? C’est une fausse image de la réalité, c’est un trompe l’œil.

Qui du juge ou du handler a le premier sacralisé le show-dog ?

Je pense que c’est le handler mais le juge qui, a cautionné la chose a plus de responsabilité vis-à-vis de la race. Il en est en principe le gardien.

Le handler, lui, travaille et s’emploie à innover selon sa fantaisie sans tenir souvent compte du bien être du chien.

Le juge est donc pour une bonne part responsable des dérives de la race. Il est bien entendu soumis aux pressions de l’air du temps, on est à l’ère du spectacle. Alors faisons du spectacle. Ils ont suivi la mode qui trotte …. comme le disait si joliment (Robert Merles).

Aujourd’hui, au moment où la nature reprend un peu de sa place et que l’on commence à la respecter davantage, il appartient aux juges de rétablir ce qu’ils ont écarté un peu à la légère par une approche trop superficielle de la race ou peut être tout simplement parce qu'ils ignoraient:

QU'EN JUGEANT CES CHIENS LES CARACTÉRISTIQUES DE LA RACE SONT PRÉPONDÉRANTES.

Il est surprenant de constater que la plus part des sites de Lhassa Apso, on trouve encore le standard de 1998.

Le standard  FCI actuellement en vigueur  date d’Avril 2004 (traduction de celui du Kennel Club de Novembre 2003).

Celui-ci est très important parce qu’il rétablit l’une des caractéristiques essentielle concernant la poitrine du chien qui avait été supprimée dans le standard de 1987.

Pastel


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